L’Eveil

L’Eveil

eveil

Assis et méditant, un prince indien devenu ascète trouva les réponses aux énigmes de la vie.

Il avait vécu dans l’opulence et le luxe que seuls
connaissent les princes indiens. A la recherche de la délivrance de la
naissance, des maladies, de la vieillesse et de la mort. Il avait tout
fait, y inclus atrophier son corps par un ascétisme acharné le menant au porte
de la mort, et finalement il a compris, que le corps n’était qu’un instrument de
la recherche. Et comme tout instrument il fallait le garder en bon état pour
qu’il puisse servir aux buts de l’esprit :

La recherche de la délivrance

Il s’est lavé dans la rivière qui coulait paisiblement et il a accepté
de manger le bol de riz au lait qui lui fut offert par la femme pieuse Sujatha.
Et ensuite assis sous l’arbre, le corps droit, les jambes croisées, les
mains s’emboîtant l’une dans l’autre, devant lui, les yeux demi-fermés,
conscient de tout ce qui se passait autour de lui mais sans se fixer
sur quoi que ce soit des données sensorielles et mentales, et dans une
concentration non vacillante, il attendait,..il attendait. Il attendait que les derniers
sédiments du lac de sa conscience ne descendent complètement au fond.
tout cela se passait sans que sa concentration ne soit dérangée.
Et c’est arrivé tout d’un coup, comme un éclaire. Sa conscience fut
illuminée par une luminosité qui a balayé son monde à lui, ..le monde dont il avait été
le centre le gravité, le monde qu’il mettait jadis en marche en
s’attachant à ses possessions sensorielles et mentales, le monde dont il était l’axe,
la circonférence, les horizons et les points cardinaux ..son monde à lui.
Et tout d’un coup il s’est Eveillé par cette luminosité qui a complètement
balayé, complètement tout de sa nuit en rendant la clarté sur le monde,
tel qu’il existe vraiment. Avant, il ne voyait que son monde à partir de ses
perspectives, un monde de divisions, de séparations, du ‘moi’ et du
‘toi’.. un monde du ‘ici’ et du ‘maintenant’, un monde divisé en passé, présent
et futur.. un monde des envies, des désirs, des espoirs, des peines, des ambitions,
qu’il faisait tourner et donc exister par la force motrice de son attachement à lui.

Tout d’un coup il n’était plus là, il avait disparu

La personnalité de Siddharta Gautama avait disparue comme l’aube à l’arrivée du soleil. Ce qui
existait à sa place, c’était un puit de sagesse, un puit de compassion et
d’amour altruiste illimité. La lumière qui l’avait envahi a balayé toutes
divisions, les horizons, les points cardinaux, les cloisons de
séparations,..il n’y avait plus aucune chose fixe, permanente, solide
pour empêcher sa vision et son action. Il n’y avait que lumière et vision,
rien pour les identifier, les déterminer, et les définir ..ni lui ni l’autre,
ni ici, ni là, ni passé, ni présent, ni futur.

Tout était UN

Les choses ne s’étaient pas éclipsées totalement, seulement les ténèbres qui l’aveuglaient.
Il voyait les phénomènes du monde tels qu’ils étaient
vraiment.. impermanents, voués à la mutation incessante et par ce fait saturés du sens
d’insatisfactions irrémédiable, ce que désigne le mot ‘doukkha’ ..de
‘du’ et ‘khah’ ..indignes d’être pris en possession, rien d’autre que du sable mouvant
incapable de servir de construction à quoi que ce soit.

Mario Perera